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7 mars 2026

 

Cérémonie en hommage à Christiane Cauvel

 

Le Mesnil-Saint-Firmin (Oise)

 

 

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     A l’initiative de M. Philippe Gheeraert, maire de Le Mesnil-Saint-Firmin, un hommage a été rendu afin d’honorer la mémoire de Mme Christiane Cauvel.

Christiane Cauvel 1936

Christiane Cauvel en 1936

     Christiane Cauvel, née en novembre 1910 à Cauvigny (Oise), fut instructrice à l’école communale du village de 1933 à 1967.

     Pendant toutes ces années, elle apprit ainsi à lire, écrire et compter à deux générations successives de petits Mesnilois.

     Célibataire et s’étant établie par la suite dans le Var, elle décéda en février 2004 à Saint-Cyr-sur-Mer à l’âge de 93 ans.

Son action pendant la guerre

     Au cours de la Seconde Guerre mondiale, en lien avec quelques résistants, elle accepta d’héberger, malgré les risques, trois aviateurs alliés en juillet 1944.

         - Le 2nd Lt Warren A. Thompson, Américain, pilote de Douglas A-20 « Havoc », tombé le 27 mai 1944 à Caix (Somme) après une mission de bombardement sur les installations ferroviaires d’Amiens.

         - Le W/O Michael A. Bzowy, Canadien, mitrailleur à bord d’un Halifax abattu dans la nuit du 12 au 13 juin 1944 au dessus du Pas-de-Calais au cours d’une mission sur les installations ferroviaires de Cambrai (Nord).

         - Le Sgt William S. Sharratt, Anglais, bombardier à bord d’un  Halifax abattu dans la nuit du 22 au 23 juin 1944 au dessus du village de Quinquempoix au cours d’une mission sur le site ferroviaire de Laon (Aisne).

Warren A Thompson  Sharratt

                                                                       2nd Lt Warren Thompson                                     Sgt William Sharratt

     Ces trois aviateurs furent pris en charge par différents groupes de résistance. Après un périple de plusieurs semaines qui les mena de villages en villages, tous trois furent finalement regroupés au château de La Borde, chez la famille de Baynast, puis confiés à Christiane Cauvel avec qui ils séjournèrent environ une semaine.

     Le 15 juillet 1944, suite à une dénonciation, les Allemands investirent l’école et capturèrent le 2nd Lt Warren Thompson et le Sgt William Sharratt. Selon le témoignage écrit de Christiane Cauvel, daté d’avril 1946 et transmis aux autorités américaines, le W/O Michael Bzowy n’était plus chez elle ce jour-là.

     « Deux ont été arrêtés chez moi par les Allemands le 15 juillet 1944 et déportés en Allemagne. L’un, Américain, est rentré chez lui. J’ignore ce qu’est devenu l’autre, un Anglais ».

     L’institutrice échappa de peu à l’arrestation. A ce moment, elle s’était absentée pour obtenir du ravitaillement. Prévenue par le boulanger de la présence des Allemands chez elle, elle put s’enfuir à travers champs et se cacha dans un hangar dans la plaine.

     Le jour de cette rafle, témoin des faits, le jeune Joseph Gheeraert (père du maire actuel) avisa Edmond Geffroy, un résistant habitant à Chepoix. Ce dernier vint en aide à Christiane Cauvel qui demeura dans la clandestinité jusqu’à la Libération, début septembre.

     Le 2nd Lt Warren Thompson et le Sgt William Sharratt furent plus tard transférés à la prison de Fresnes, en région parisienne. Le 15 août 1944, parmi plus de 2 000 autres prisonniers, ils furent déportés, depuis Pantin, vers le camp de concentration de Buchenwald. Ils firent partie des 168 aviateurs alliés détenus dans ce camp jusqu’à la mi-octobre 1944. Suite à l'intervention d'officiers de la Luftwaffe, les aviateurs furent transférés au Stalag Luft III, à Żagań, dans l'est de l'Allemagne (désormais en Pologne). Face à l'avancée des troupes soviétiques, le camp fut évacué fin janvier 1945. Les prisonniers furent ensuite dirigés vers différents autres camps avant d’être finalement libérés par l'Armée américaine en mai 1945.

     Edmond Geffroy, arrêté le 2 août 1944, fut déporté au camp de Buchenwald le 17 août au départ de Compiègne. En mars 1946, il témoigna dans un courrier adressé aux autorités américaines.

     (Extrait) : « Je crois de mon devoir de vous signaler la conduite magnifique et discrète de Mademoiselle Christiane Cauvel, institutrice au Mesnil-Saint-Firmin, Oise, pendant l’occupation allemande. Ayant été dénoncée, elle a dû tout abandonner et a été sérieusement pillée. Le jour de la rafle, elle était partie chercher du ravitaillement pour ses aviateurs. Deux ont été ramassés et envoyés au camp de Buchenwald où je les ai vus. Je serais heureux qu’elle soit félicitée pour son patriotisme, son courage et sa modestie ».

     Nous ignorons les circonstances de la capture du W/O Michael Bzowy, sachant simplement qu’il fut envoyé au Stalag Luft VII, en Silésie, puis au Stalag IIIA de Luckenwalde, dans le Brandebourg, jusqu’à sa libération.

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     La cérémonie du 7 mars s’est déroulée devant la mairie où une plaque allait être dévoilée.

     Devant une assistance nombreuse dont Mme Nicole Cordier, conseillère départementale de l’Oise, de maires des communes environnantes mais aussi d’anciens élèves, M. Philippe Gheeraert a rappelé le parcours de cette femme courageuse qui fut aussi son institutrice après la guerre, évoquant ainsi ses souvenirs d’écolier.

     Extrait : « Pourquoi avoir attendu 81 ans et demi pour lui rendre l’hommage qu’elle méritait ?

Peut-être pour qu’un de ses élèves devienne maire de la commune.

Petit garçon, j’avais cinq ans ; j’ai fait ma première rentrée scolaire. Cette femme étonnante, s’était mise dans la tête de nous apprendre à lire, à écrire et compter. Mais pour quoi faire ?

Je ne savais pas, que c’était une grande dame. Je l’ai appris à la fin du CM2, quand elle est partie en retraite. Mais aujourd’hui, en ce grand jour, grâce à elle, j’ai pu écrire, lire ce discours et compter… sur votre présence.

M Gheeraert

Discours de M. Philippe Gheeraert

Il y a parmi nous quelques-uns de ses anciens élèves qui se souviendront encore longtemps de ces années d’école à deux pas d’ici.

Il y avait au milieu de la classe, un poêle à charbon, qui portait le même nom que le maire et le cantonnier ; Godin. Il y avait aussi un grand tableau noir avec des craies, et un autre plus petit, sur le côté ; c’est derrière qu’on allait au coin.

Des encriers de porcelaine avec de l’encre violette.

Le jeudi il n’y avait pas école, et le samedi après- midi, c’était le ménage pour les CM2.

Et pour les gauchers, il fallait écrire avec sa belle main. Mademoiselle j’espère avoir aujourd’hui une bonne note.

Mais si nous sommes réunis, ce matin, c’est pour ses actes de bravoure pendant la Seconde Guerre mondiale.

Christiane Cauvel travaillait en lien avec la résistance. Depuis plusieurs mois, elle cachait des aviateurs alliés dont les avions ont été abattus dans la région.

Ils venaient du château de La Borde, et ne restaient que quelques jours seulement, avant d’être déplacés de nouveau vers un autre lieu et ainsi de suite.

Le 15 juillet 1944, comme les autres jours, Christiane est allée chercher du ravitaillement à la boulangerie. Les Allemands sont passés par la rue d’En-haut (une chance pour elle), et ont stoppé devant l’école, pour arrêter les aviateurs présents ce jour, au nombre de trois, un d’entre eux a réussi à s’échapper.

Alfred, le boulanger est sorti de son fournil, pour lui déconseiller de retourner à l’école et fuir.

Elle est partie à travers champs et prairies en rampant plus ou moins, en franchissant haies et clôtures pour se cacher dans un hangar, chemin de Chepoix, s’y dissimuler et passer la nuit dans le tas de foin.

Le lendemain matin, Joseph Gheeraert, comme à son habitude, est allé nourrir les animaux, dans ce hangar. Mademoiselle est sortie de sa cachette et lui a demandé d’informer M. Geffroy qui résidait à Chepoix, de lui venir en aide, en venant la chercher discrètement ; ce qu’il a fait aussitôt.

Elle avait été dénoncée par un habitant du village dont je tairai le nom.

Pour info Mademoiselle avait 33 ans au moment des faits. Le même jour M. Lucien Godin, maire, et sa fille Denise ont été emmenés à Amiens pour y être interrogés puis libérés le jour même.

M. Geffroy a été arrêté deux semaines plus tard et déporté à Buchenwald.

En ces temps difficiles, il est bien de rappeler aux jeunes générations, qu’il y a eu des gens qui sans porter les armes, ont contribué à libérer la France et son peuple du joug de l’oppresseur ».

Devoilement

Dévoilement de la plaque par d'anciens élèves

Plaque

Groupe

Les anciens écoliers

Eleve

Prise de parole d'une ancienne élève

NicoleCordier

Mme Nicole Cordier

     L’ASAA-Oise a évoqué le destin survenu aux aviateurs après qu’ils aient été capturés et aussi rappelé les émouvantes visites dans le village du 2nd Lt Warren Thompson et sa famille en novembre 2012 et des descendants du Sgt William Sharratt en juin 2025.

     Pour conclure cette cérémonie, un habitant du village, accompagné de sa guitare, a interprété Love is the way (l’amour est le chemin).

    Cet hommage en mémoire de Christiane Cauvel s’est terminé dans la salle des fêtes pour le verre de l’amitié. Une exposition composée d’anciennes photos de classes et de divers documents liés au sauvetage des aviateurs était présentée.

Expo1

Expo2

 

 

 

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